Web collaboratif et développement humain, un mariage possible ?
De plus en plus, l'interaction entre les utilisateurs et la création de réseaux sociaux s'imposent comme mode d'utilisation du Web dans les pays riches
. Dans le jargon de la Toile, on parle de Web 2.0 pour qualifier ce phénomène. Les acteurs du développement international n'échappent pas à l'attrait pour le Web 2.0. Ainsi vont-ils se pencher, lors d'une conférence internationale en septembre prochain, sur les possibilités qu'il offre pour la mise en réseau, la collaboration et le partage des connaissances dans les domaines de l’agriculture
, du développement rural et de la gestion des ressources.
Intitulée Web2pourDev – Web collaboratif pour le développement, cette première conférence sur le sujet s'est donné comme but « d’explorer les voies et moyens permettant aux acteurs du développement
international de mettre à profit les opportunités techniques et organisationnelles offertes par les méthodologies, les approches et les applications Web 2.0 » (site du Web2pourDev).
C'est le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), créé en 1983 dans le cadre de la Convention de Lomé entre les États du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et les pays membres de l'Union européenne, qui organise la conférence.
Lors d'une enquête menée auprès d'acteurs du développement par le CTA, trois thèmes ont été retenus :
- Espaces virtuels, collaboration et échange des connaissances à distance;
- Outils appropriés à la publication en ligne;
- Recherche et accès à l’information en ligne.
Le maillon faible
Sur son blogue, le directeur du CTA écrivait le 3 avril 2007 que « la communication et l’information sont cruciales au développement agricole et rural. Sans communication pas d’action et d’échange d’expériences. » Le problème, c'est que pour communiquer il faut d'abord pouvoir transporter l'information d'un point A à un point B, et vice-versa.
Un exemple qui illustre bien ce problème nous a justement été fourni dans un billet publié sur le blogue de la conférence.
En résumé, GINKS (Ghana Information and Knowledge Sharing Network) a développé une application Web pour diffuser des vidéos sur les meilleures pratiques agricoles, destinés aux agricultrices de la région Ekumfi Atakwaa (centre du Ghana). Un petit réseau sans fil d'une dizaine d'ordinateurs a été créé dans un centre communautaire. L'accès à Internet est assuré par une VSAT. Le hic, c'est que la diffusion des vidéos n'est pas possible par le Web parce que la connexion est à la fois trop lente et inégale.
Ce qui a facilité l'avènement du Web 2.0, ce n'est pas seulement la création de toute une panoplie d'applications qui l'ont rendu possible, et d'une culture du Web 2.0 sur laquelle il poursuit sa lancée. C'est aussi, et même surtout, l'Internet à haute vitesse. Or, si le haut débit est en croissance dans les pays de l'OCDE (197 millions d'abonnés en décembre 2006), les pays pauvres
sont loin du compte.Dans 48 pays, moins de 1% des entreprises disposent du haut débit (Rapport sur l’économie de l’information de la CNUCED : la fracture dans l’accès au haut débit défavorise les pays les plus pauvres). Imaginez les communautés rurales.
On excusera le jeu de mot, mais parler de Web 2.0 et de développement rural n'équivaut-il pas, pour plusieurs pays, à mettre la charrue devant les boeufs ?





