Ce n'est pas parce que quelqu'un mange à sa faim qu'il est pour autant bien nourri. Ce fait qui peut paraître étonnant est à l'origine d'une charge récente de Médecins sans frontières contre l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et Unicef.
MSF écrivait en effet, le 10 octobre dernier, que les recommandations de ces organisations «pour l’utilisation de nourriture thérapeutique prête à l’emploi pour les seuls enfants sévèrement malnourris sont trop restrictives». Non seulement le sont-elles, mais en plus à peine 3% des 20 millions d'enfants souffrant de malnutrition reçoivent cette nourriture prête à l'emploi. Même en situation d'urgence, avons-nous découvert, il est compliqué de faire bouger les bailleurs de fonds et les preneurs de décisions.
Si vous étiez responsable d'une chaîne de production et que vous deviez annoncer à votre patron qu'année après année vous devrez rejeter le quart des objets produits faute de pouvoir intervenir à temps, croyez-vous que celui-ci vous donnerait une bonne tape dans le dos en vous disant que ce n'est pas grave et que vous ferez sans doute mieux l'an prochain ?
Si vous êtes responsable du PAM, vous pouvez dormir en paix. Les chances que vous perdiez votre emploi sont tout au plus de... 3%.
Remarquez que pour les trois quarts des enfants qui réussissent à survivre, la partie n'est pas gagnée pour autant. Ils ont de bonnes chances de souffrir de retard de croissance ou de maladies consécutives aux carences alimentaires. Mais qui se souci de faire tout ce qu'il faut pour bien déceler la malnutrition afin de pouvoir intervenir efficacement le plus tôt possible, à part Médecins sans frontières ?
Tenez, j'ai bien envie de vous faire passer un test :
1. Faible poids-pour-âge
2. Faible MUAC
3. Faible taille-pour-âge
4. Faible poids-pour-taille
Cochez l’option correcte
1, 2
2, 3
La mesure du MUAC est utile pour un dépistage rapide de malnutrition aigüe, et l’indicateur de poids-pour-taille confirme la présence d’une malnutrition aiguë (actuelle). D’autre part, l’indicateur de poids-pour-âge fournit aussi bien une mesure de malnutrition aiguë que chronique, et l’indicateur de taille-pour-âge (retard de croissance) fournit les preuves d’une malnutrition qui a eu lieu dans le passé.
Je vais compliquer les choses, avec la question suivante :
Laquelle des déclarations suivantes est correcte ?
2. L’indice de poids-pour-taille a plus de crédibilité que le MUAC au niveau des bailleurs de fonds et des preneurs de décisions externes.
3. La mesure du MUAC est plus invasive que l’indice de poids-pour-taille.
2. Très bien. Bien que les mesures du MUAC soient tout aussi utiles, les résultats des enquêtes de MUAC sont moins confiantes fiables (sic) et moins comprises.
3. Cette réponse n’est pas correcte. La mesure du MUAC est moins invasive et perturbatrice – surtout en termes de temps requis des personnes qui sont mesurées.
Vous avez bien lu. Les mesures de MUAC sont celles qui permettent une intervention rapide, à un coût faible, dans les situations d'urgence, mais elles ont le malheur d'être les moins crédibles.
Mais d'où peut bien venir cet exercice, vous demandez-vous ? Je vous le donne en mille : il provient d'un cours financé par l’Union Européenne et développé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FAO, Sécurité alimentaire : l’information pour l’action.
Que disait Médecins sans frontières déjà, à propos des organisations internationales ?
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Mots-clés : aide
, faim 
