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Une vision du Sud paralysante ?

Un groupe de Technorati à qui ont avait dit qu'un test de mathématiques était biaisé sur la base du genre ont moins bien réussi qu'un autre groupe de femmes à qui on avait rien dit à propos du même test. Combien de fois avons-nous ainsi véhiculé des idées non fondées sans réaliser à quel point elles peuvent s'avérer dévastatrices ?

L'expérience du test de mathématiques est rapportée sur le site du réseau ADA, Femmes & Nouvelles Technologies, un réseau évoquant Ada Lovelace, première femme programmeuse en informatique. Une conclusion s'impose, selon l'auteure de l'article :

Les personnes stigmatisées par des stéréotypes sont influencées par ces stéréotypes, et les stéréotypes « produisent » la réalité sociale.

ADA Stéréotype, situation minoritaire, performance.
Les stéréotypes sont des entremetteurs de nos préjugés.
Si le stéréotype relève de la croyance, le préjugé reflète, lui, une évaluation d'autrui comme membre d'un groupe jugé négativement ou positivement. A ce titre, nous pouvons distinguer les préjugés favorables ou défavorables en fonction de nos croyances, de nos attentes ou de nos valeurs.

Campagne Pour le respect mutuel. Les stéréotypes.
Côté défavorable, le duo stéréotype/préjugé peut se combiner avec de la discrimination pour devenir alors un trio infernal.

Albert Einstein a dit un jour qu'il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome. Or le noyau dur des préjugés, ce sont les stéréotypes.

Loin de moi de prétendre que toute croyance, tout jugement de valeur est condamnable, ni que toute représentation de l'Autre ne se ramène qu'aux stéréotypes ou préjugés. La réalité est plus complexe.

Toutefois, il faut être conscient qu'une vision stéréotypée peut avoir un impact négatif, malgré même toute bonne volonté.

N'en est-il pas ainsi de l'aide humanitaire qui trop souvent mise sur une vision misérabiliste des pays du Technorati ? Cette vision ne manque-t-elle pas de parasiter les représentations que l’on se fait de leur capacité réelle de se développer ?
Bien des ONG préfèrent (...) continuer de montrer une image arriérée des " peuples qu'ils aident " afin d'assurer les rentrées financières, plutôt que d'agir positivement sur les mentalités et construire à plus long terme.

Association Pluridisciplinaire pour la Rercherche et l'Action en matière de Développement. Clichés d'ailleurs. Analyse des clichés.
Au bout du compte, relayé, amplifié par les médias, l'aide humanitaire est devenue un miroir dans lequel les populations qui en bénéficient se voient diminuées, stigmatisées, tenant pour vraie une image d'elles-mêmes dévalorisante et sans espoir, sans pour autant voir les véritables solutions aux difficultés qu'elles vivent.
On ne peut prétendre résoudre par des solutions humanitaires des problèmes qui relèvent d'un traitement politique, économique et social. Actuellement, l'humanitaire est devenu, il est vrai, un peu la bonne à tout faire que l'on peut utiliser au lieu de poser les vrais problèmes.

Délirium. Sylvie Brunel.
Comme l'ont réalisés les participants Africains à l'atelier Mode alternatif d'éducation. Apprendre, désapprendre et réapprendre du Forum Social Mondial 2005, « se débarrasser des certitudes acquises, des notions figées, ancrées dans les esprits par les institutions et qui empêchent de se frayer d’autres modes alternatifs d’apprentissage et de Technorati » demande un effort.

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Commentaires

ONG

Il existe surement des ONG qui donnent une bien piêtre image de l'Afrique, mais il en existe qui ont toujours eu une vision respectueuse des populations locales.

De mon point de vue, le véritable poison qui empêche les choses d'évoluer reste la corruption.

Cette corruption qui arrange les marchands et les dirigeants(du nord comme du sud) et qui prive des millions de personnes de tout espoir de changement.

Si les gouvernements oxidentaux faisaient une véritable traque aux paradis fiscaux, bien des souffrances disparaitraient.

Bruno

bruno - 14.03.05 à 12:30 - # - Répondre -

Re: ONG



Je ne crois pas que le problème soit la bonne volonté des femmes et des hommes qui s'impliquent dans les ONG. Le problème me semble plutôt être du côté de la vision stéréotypée à laquelle contribuent les ONG. Il faudrait un débat de fond sur cette question dans les milieux concernés.

Nous devons aider généreusement dans un véritable esprit du don, mais plusieurs, pas seulement Sylvie Brunel, ont l'impression que des ONG font des relations publiques, voire du marketing, avec des images qui amplifient la vision mirabiliste du Sud.

Il faudrait que les ONG soient sensibles à ce sérieux problème qui va au-delà de l'image, car les populations du Sud se font renvoyer une vision d'elles dévalorisante qui ne les aide pas. Le lien dans mon article sur les ACP est assez parlant à ce sujet. Il vaut la peine de citer un extrait du texte qui est sur la page où mène le lien :

Jusqu’à ce jour, une grande partie de l’opinion publique du Nord n’a longtemps perçu des Pays en Voie de Développement qu’une vision misérabiliste et de l’aide au développement qu’une aide à fonds perdus, inadéquate, inutile et octroyée à un Sud passif, fataliste et résigné. Quant à l’opinion publique du Sud, elle subit et tient pour vrai encore aujourd’hui ce renvoi d’une image d’elle-même dévalorisante et sans espoir.

Partenariat Nord-Sud. Afrique, Caraïbes, Pacifique.

J'espère pour ma part que le sain débat de fond dont je parlais plus haut a déjà lieu dans le milieu des ONG, ou qu'il aura lieu rapidement sinon.

Michel

Mise à jour de ma réponse

J'ai pu prendre le temps de visiter le site de Frère des hommes, né de l'oeuvre du visionnaire Armand Marquiset. Leur approche de l'aide est porteuse d'un inspirant espoir .

En 1980, la Charte de l'association consacre cette méthode originale qui guide, depuis lors, toutes ses actions : soutenir des actions initiées au Sud et aider les pvopulations locales à poser les bases durables d'un développement économique dont elles sont les premiers acteurs.
L' la plus efficace est celle qui se retire, non pas parce que nos gouvernements se désengagent, mais parce que ceux qui ont été aidés prennent leur envol.

Lula a raison (Je meurs de faim.) : il faut distribuer du poisson et apprendre à pêcher.


Sur l', il faut voir la conférence que Jeff Sachs donnait à la Banque mondiale le 1er mars 2004, et surtout une conférence de Joseph Stiglitz donnait au Wheaton College en septembre 2003.

michelmonette - 14.03.05 à 13:16 - # - Répondre -

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