Une poussée sur le balancier
Le profit, comme la chair, est faible, ce qui ne veut pas pour autant dire que l'entreprise privée est l'incarnation du mal. Laissons au Born Again Christian le manque de discernement. Contentons-nous plutôt de donner une poussée au balancier en espérant qu'il change de direction : si l'intérêt privé peut contribuer à l'intérêt public, il ne l'est pas. Il aura beau vouloir l'être, il ne le sera jamais.
D'abord une mise en garde
(...) no theory can unequivocally predict what will happen to wage inequality or to wages and employment in a developing country in the face of increased international trade...Les théories ne sont que ce qu'elles sont : des tentatives d'explication et de prédiction des comportements dans le monde réel.
Globalisation, production and poverty: macro, meso and micro level studies. Globalisation and Poverty Research Programme. Institute of Development Studies at the University of Sussex.
À ce propos d'ailleurs, ne serait-il pas temps de laisser enfin Adam Smith reposer en paix au cimetière de nos illusions passées ?
De part et d'autre de la clôture qui sépare partisans et critiques de la mondialisation
dite néolibérale, il vaut la peine de plutôt prêter attention à la force d'inertie des certitudes.J'ai eu beaucoup d'élèves qui connaissaient très bien les flux économiques et le nombre de tonnes de pétrole produit par tel ou tel pays, mais qui disaient des bêtises dès qu'on abordait ce que j'appelle les connaissances de base. Par exemple, ils croyaient que si le tiers-monde est ce qu'il est, c'est en raison du climat tropical chaud et humide, qui ramollit les gens et leur enlève l'envie de travailler. Voilà une opinion très répandue - même si c'est une idiotie !Ces mots datent de 1996. Qui peut sérieusement prétendre que l'opinion de ces élèves a changé depuis ?
Jean-Pierre Allix, géographe et enseignant.
De là à penser qu'au fond ce n'est pas de notre faute si la mondialisation ne profite essentiellement qu'à nous, Occidentaux...
Réfléchissons un peu plus loin que notre nez, refait grâce à une chirurgie plastique. N'avons nous pas tendance à prendre notre vessie (la modernité à l'occidentale) pour une lanterne qui éclairerait la route vers le bonheur pour toute l'humanité ?
Un hamburger frite avec ça ?
Ceux qui disent que le take off de la Chine, pour ne prendre que cet exemple, est la preuve que la mondialisation fonctionne, vont bientôt passer pour des diseuses de bonne aventure s'ils persistent. Jusqu'à preuve du contraire, les flux économiques mondiaux vont continuer, dans un avenir prévisible, à se faire essentiellement entre pays riches
. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de gagnants hors l'Occident.
Mais de là à prétendre que l'intérêt privé, si on lui laisse faire ses petites affaires, va finir par profiter à tous, cela semble relever de la pensée magique.
N'est-il pas plutôt temps de remettre le privé à sa place et de mettre l'intérêt public et les biens communs au centre des décisions politiques ?
Et de grâce, laissons de côté Le mythe du grand soir.
Le manichéisme économique ne peut mener qu'à un cul-de-sac.




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Anonyme | Le Lundi 16/01/2006 à 13:09 |