C'est so blogue !

so, so, so

Archives par mois

Un questionnaire sur l'itinérance comme si vous y étiez

Je ne sais pas ce qu'il en est dans votre pays, mais chez moi au Québec l'itinérance est à la hausse. Le document de consultation de la Commission parlementaire qui démarre une consultation nationale sur ce phénomène l'affirme. Les gens qui sont «sur le terrain aussi». Cette semaine, j'ai justement appris que dans ma ville, la capitale nationale du Québec, les itinérants sont non seulement plus nombreux, mais aussi plus présents dans les banlieues. Intrigué, surtout après avoir été mis au courant d'une telle information, j'ai décidé de remplir le questionnaire en ligne de la Commission.

Je tiens d'abord à préciser qu'au Québec, une banlieue est un quartier où vit généralement la classe moyenne. Les plus pauvres sont dans les quartiers centraux.

Allons-y !

Comme première question, on me demande si le phénomène de l'itinérance est en hausse dans ma région. J'avoue que je ne le sais pas. Peut-être y a-t-il plus d'itinérants, mais peut-être aussi que leur apparition dans les banlieues signifie qu'ils fuient le Centre-Ville. Comme je l'ai écrit dans le questionnaire, «puisque je vis au Centre-Ville et que je n'ai pas vu une diminution du nombre de personnes itinérantes, j'imagine par déduction qu'elles sont plus nombreuses.»

Nous savons tellement peu de choses sur les itinérants.

D'ailleurs, on me demande dans le questionnaire de dire quel est le principal problème des personnes en situation d'itinérance dans ma région. Là, c'est le vide total. Je me suis tout de même permis un commentaire : «comme citoyen, je suis très peu informé de ces questions. Je tenais à vous le signaler puisqu'il me semble que l'incompréhension envers les personnes itinérantes n'est pas très aidante et qu'elle résulte de ce manque d'information.»

Vient ensuite la question assassine : «Dans quelle mesure les services offerts dans votre région répondent-ils aux besoins des personnes en situation d'itinérance des catégories suivantes?»

Je vous mets au défi de répondre à une telle question, à moins d'être un intervenant très au fait de ces services justement, et des besoins.

Puis on me demande si j'accepterais que des services pour les personnes en situation d'itinérance tels un refuge, une soupe populaire ou autres soient offerts dans mon voisinage.

Je travaille à côté de La Maison de Lauberivière et j'ai vécu pas très loin du Café Rencontre Centre-Ville. Ce type de ressources est essentiel et devrait être davantage soutenu.

On me suggère ensuite une série de mesures pour améliorer la condition des personnes en situation d'itinérance, tout en me demandant de qualifier ces mesures.

Première mesure : la concertation entre les niveaux de gouvernements et tous les organismes concernés. Je la juge très importante, tout comme l'accès au logement.

Trois autres mesures suivent : un accroissement des mesures préventives, un accroissement des mesures de réinsertion et insertion, une amélioration des ressources financières et humaines du réseau communautaire. Les trois sont importantes.

Je me suis permis d'ajouter mon petit grain de sel, puisque je pouvais faire un commentaire en rapport avec cette question: «Je suis sidéré de voir à quel point le réseau de la santé et les municipalités ne semblent pas se concerter. On dirait que le fonctionnement en silo est la norme. Pourtant, l'un et l'autre jouent un rôle essentiel dans l'aide aux personnes en situation d'itinérance.»

La question suivante me laisse perplexe : «le phénomène de l'itinérance nécessite-t-il l'adoption d'une politique gouvernementale?»

Je réponds que je ne le sais pas, en ajoutant ce qui suit: «le «Québécois moyen» que je suis n'a aucune idée de ce que peut ajouter l'adoption d'une politique gouvernementale sur l'itinérance. Si adopter une politique peut aider. Évidemment que je suis d'accord. Mais en quoi?»

Comme il se doit, le questionnaire se termine en me demandant si j'ai d'autres commentaires à formuler. Évidemment que j'en ai. «Plus de 700 millions provenant d'Ottawa nous ont été retournés en baisses d'impôt. Imaginez ce qu'on aurait pu faire avec 700 millions par année pour améliorer la situation. L'itinérance est une honte dans une société aussi riche que la nôtre», que j'ai écrit.

Est-ce que l'exercice en valait la chandelle? Qui sait?

Quand j'ai voulu transmettre mes réponses, j'ai vu apparaître une page qui débutait par ceci «Erreur du serveur dans l'application '/CAS'.»

Un serveur itinérant peut-être?

J'ai fait des captures d'écran et je devrais bien trouver comment transmettre le tout à la Commission.
Share/Save/Bookmark

À lire aussi


Mots-clés : Technorati


- Commenter -

Commentaires

dans votre pays? ah bon le Québec est un pays. Depuis quand?Alors que vous parlez de pauvreté vous ne pouvez vous impecher de parler d'un sujet qui n'a rien  à voir.
alors TANT mieux que ce soit pas officiellement un pays
parce après tout, à part le Québec il y a l'Ontario, la Colombie Britanique, les Etats Unis, le Mexique, le Perou, la France, le Maroc, l'Australie, l'Afrique du Sud, le Mali, la Belgique, la Norvège, la Russie.
Et puis ça fait bien longtemps la mondialisation...
Et il y a aussi les échanges scientifiques,culturels, economiques, linguistiques, amoureux ; la communication, la volonté de paix, la diversité, le Sida, le palludisme, le changement climatique, la guerre par tout, ceux qui crèvent de FAIM,  la violence, la corruption, la misère totale, et comme vous le dites il y a la pauvreté.


alors que dans une fraction de seconde autant de choses aussi importantes et incroyables se passent dans le monde, ou juste à coté de nous, comme l'augmentation du nombre des itinerants à Québec,
les Québecois -  et je le dis, parce qu'avec les Québecois c'est toujours drôle - ne parlent dans le fond que d'une chose, une seule chose : d'eux mêmes et de leur nation supérieure fort immaginaire. En gros,
" l'itinérance est en hausse, mais dans mon pays...parce que dans la capitale de la nation ou je vis... nation...je...moi...nation...Québec...je...nation"

dans quel monde vivez vous franchement

Anonyme - 02.10.08 à 01:14 - # - Répondre -

Re:

Désolé mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Avez-vous lu le reste des billets sur ce blogue pour affirmer que je ne parle que de l'itinérance? Je ne vois pas par ailleurs ce qu'il y a de déplacé de parler d'un problème qui déborde les frontières du Québec à partir de ce que je vois dans ma ville.

Pour la première partie de votre commentaire, je suis indépendantiste, je ne m'en suis jamais caché, et je suis fier de l'être.

michelmonette - 03.10.08 à 22:12 - # - Répondre -

Commenter l'article