Riches et pauvres, même combat
Une vérité économique pourtant toute simple
Le titre est provocateur. Avouez. Pourtant quand on y réfléchit un peu... Les pauvres veulent consommer davantage. Or la consommation créée de la croissance qui à son tout créée de la richesse. Le nirvana des riches est une forte croissance. Évidemment qu'il y a le danger d'inflation, l'économiste qui vient de lever la main.
Disons que le nirvana des riches est une croissance soutenue sans inflation. Cela vous va comme ça ? Vous les économistes, vous avez de ces susceptibilités !
Pas de croissance sans consommation
Avec l'investissement, la consommation est un facteur clé de la croissance économique. Or celle-ci dépend de trois grands destinataires des biens et services produits : les consommateurs, les producteurs (c'est qu'ils achètent beaucoup de biens et services pour produire, les producteurs) et l'État.
Cela aussi, ça vous va les économistes ? Bon.
Maintenant, imaginons que les consommateurs et l'État ont peu de revenus et une capacité d'emprunt à l'avenant.
Il y a comme un problème à l'horizon, n'est-ce pas ?
C'est exactement ce que vivent les pays pauvres
. On leur demande de performer comme, disons, Gilles Villeneuve — faudrait pas trop leur en demander tout de même — avec même pas de quoi mettre de l'essence.
Même si ces pays voulaient, armés de bonne volonté (non, ce n'est pas un jeu de mot, le militaire qui s'exclaffe à l'arrière), se lancer dans la production durable, ils n'en n'ont tout simplement pas les moyens.
Pas de consommation sans croissance
Les pays pauvres ne s'en sortent pas parce qu'ils sont pris dans un système de spécialisation internationale du travail qui les prive de capital et de gain de productivité.
L'Afrique sub-saharienne (mais aussi nombre de pays en développement latino-américain) a ainsi hérité de la colonisation d'une économie de rente, de plantation et d'extraction minière, centrée sur l'exportation de produits de base (...) le sous-continent exporte presque exclusivement des produits non transformés et importe toujours l'essentiel de ses besoins en produits intermédiaires, biens d'équipement et en produits énergétiques.Pas étonnant qu'il y ait plus de 45% de travailleurs avec de faibles revenus et que les trois-quart de la production non agricole y soit concentrée dans le secteur informel.
Confédération générale du travail. Inégalités Nord-Sud et développement durable.Page 1.
Alors les riches, soyez un peu moins gourmands
Si j'ai, disons, deux milliers de beaux choux à vendre mais que sur deux mille personnes à qui je pourrais les vendre, une seule à les moyens de me les acheter, j'ai un problème. Les neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf autres aussi.
Simpliste mon exemple ? Évidemment.
Je voulais attirer votre attention sur un fait que l'on a tendance à oublier : même la personne la plus riche du monde a des besoins limités. Or durable ou non, la croissance repose sur les besoins des consommateurs.
Du reste, mieux les revenus sont répartis, meilleure est la croissance d'un pays.
En analysant de près les meilleures réussites en Asie, par exemple, le Professeur Frances Stewart, de l´Université d´Oxford, a montré que les nations avec une distribution de revenus moins déséquilibrée croissent plus vite et plus longtemps que les autres.On a beaucoup problématisé la pauvreté
Conférence des Nations Unies sur le développement et le commerce (CNUCED). Les inégalités économiques : une vue de la scène mondialisée (transcription d'une conférence de l'université de tous les savoirs).
, ne serait-il pas temps de problématiser la richesse ?
Page 1.




Re:
michel,
je ne suis pas sur que ce soit les riches le problème, il me semble que c'est plus LA SPÉCULATION.
Elle peut aussi bien se faire à la hausse qu'à la baisse déstabilisant les économies, et ce quel que soit l'indice de croissance.
bruno | Le Mardi 14/06/2005 à 02:34 |