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Qui sont les vrais bénéficiaires ?
Sur toutes les tribunes où ils peuvent s'exprimer, les partisans d'une plus grande libéralisation du commerce mondial soutiennent mordicus que les pays en voie de développement
en sont les grands bénéficiaires. Pourtant les chiffres démontrent le contraire. D'où vient cette contradiction ?
D'abord les chiffres. Ils proviennent de l'Organisation mondiale du commerce. Difficile de les réfuter.
| 1980 | 2000 | 2001 | |
| Monde | 100% | 100% | 100% |
| Pays développés | 63,09% | 66,53% | 73,50% |
| Pays en développement | 29,15% | 25,41% | 23,39% |
| Economies en transition | 7,76% | 8,06% | 3,11% |
Ces chiffres correspondent aux parts de la valeur des exportations mondiales de marchandises.
Dans les faits, le commerce mondial change. De nombreux pays en développement augmentent sensiblement leur part du commerce mondial, (CNUCED, communiqué du 29 avril 2002) et ils exportent de plus en plus des produits manufacturiers, mais sans enregistrer une augmentation comparable de leur part des revenus. Au contraire.
...even if the growth of the volume of trade continues unabated, the prospects for the terms of trade and the real income of developing countries are less favourable than most commodity prices may indicate. Given that the prices of manufactures exported by developing countries have tended to decrease relative to those of manufactures exported by developed countries, the overall income effect from improved terms of trade is likely to be relatively small.Sept travailleurs sur dix participant au commerce mondial sont peu qualifiés. Une grande part de la valeur ajoutée se transforme en profits dont bénéficient les entreprises étrangères. Après la course aux armements, voici que la course folle aux emplois épuise les pays qui devraient en profiter.
CNUCED. Trade and development report, 2004 (en anglais seulement). Chapitre 1, page 7.
Pendant ce temps, les Wal-Mart de ce monde pompent sans scrupule l'argent dont ont pourtant bien besoin les économies locales.
Mais il y a pire. Les pays pauvres
doivent débourser plus de 40% de leurs revenus d'exportation pour le remboursement de la dette. En comparaison, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale l'Allemagne devait y consacrer 3,5% de ses revenus d'exportation. Le nouveau Plan Marshall, s'il voit jamais le jour, a devant lui un obstacle de taille.Les pays pauvres sont pris en tenaille : ils pénétrent nos marchés à nos conditions et nous leurs soutirons plus d'argent que ce que nous leurs transférons en aide au développement. Belle mondialisation
!Vous ne trouvez pas que cela ressemble étrangement à du double-binding ? Et après, on ne comprend pas que ces pays soient déchirés entre un autoritarisme en cul-de-sac et une démocratie
qui ne mène nulle part. Il y a un certain espoir du côté de l'intérêt bien compris.
Poverty and civil conflict increase flows of migrants to the west. Poverty inclines countries to over-consume natural resources, degrade the environment and use obsolete vehicles and industrial plant that belch out carbon dioxide. Poverty leads to conditions that incubate new diseases that can spread across the world in a few days.Espoir certes, mais, comme vous le savez, chassez le naturel et il revient au galop !
Newstatement. How the West dug holes for the poor. Monday, 7th February 2005.
La réponse à la question du début ?
It is right to attach conditions to western assistance, but these should not include adherence to economic rules dictated by neoliberal dogma, and applied, in any case, one-sidedly. Poor countries should rather be required to give the highest priority to basic social, medical and educational services, to human rights and to "clean" government. All this, not dedication to the textbooks of US economics professors, will ensure that these countries can eventually stand on their own feet.Au-delà des métaphores dont sont si friands nos élites politiques, ne faut-il pas d'abord s'interroger sur nos propres contradictions ?
Idem.
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Commentaires
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Anonyme - 09.01.06 à 01:40 - # - Répondre -