Pauvre recherche sur le développement
C'est encore du Nord qu'est décidé l'essentiel des travaux en recherche !
Les chercheurs du Sud sont trop souvent à la merci d'agendas de recherche déterminés au Nord. Comme si des Martiens dirigeaient des travaux de recherche sur les Terriens. Ne serait-il pas temps de changer de cap ?
Plus facile à dire qu'à faire, ce changement de cap. Non pas que le problème ne soit pas reconnu.
« Nos pays ne peuvent plus continuer à dépendre des experts et institutions étrangères pour la recherche sur la conception et la réalisation de nos politiques de développementSourang reflète la pensée de bon nombre de décideurs d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie.»
Moustapha Sourang, ministre sénégalais de l’Education. Propos rapportés par le journaliste Sénégalais Adama Boye dans Le journal, édition du 31 janvier 2005.
Le problème est que le financement de la recherche par les pays en développement est aléatoire et que l'indépendance de leurs chercheurs traîne quelque part sur les rayons de l'espoir.
Pris entre les bailleurs de fonds étrangers et les décideurs locaux, ces chercheurs passent plus de temps à faire des courbettes que des travaux de recherche.
En 2004, à l'occasion d'un séminaire intitulé L'état des savoirs sur le développement, Michel Vernières de la Sorbonne soulignait la nécessité impérieuse d'un véritable partenariat entre les chercheurs du Nord et ceux du Sud
. L'initiative vient trop souvent du Nord alors que c'est au Sud que devraient être identifiées les questions prioritaires. L'agenda, la méthodologie et la répartition des tâches devraient être déterminés en fonction de ces questions.
Nienke Beintema de l'International Food Policy Research Institute (IFPRI) a analysé les tendences récentes des investissements dans la recherche agricole en Afrique subsaharienne. Désolant. Et le mot est faible.
En un mot, les pays donateurs sont chiches, la recherche est déficiente et les pays concernés n'arrivent pas à satisfaire un besoin croissant de recherches plus ciblées en fonction de leurs objectifs.
Plus décourageant encore : il s'agit d'une tendance lourde dans les pays en voie de développement. La recherche y est devenue de plus en plus dépendante des donateurs extérieurs qui paradoxalement la financent de moins en moins.
Qui plus est, les donateurs sont bien davantage « soucieux des résultats concrets et visibles de leurs projets » que de développement scientifique et technologique à moyen et long terme dans les pays du Sud.
Il faut dire, souligne Marine Beliard dans le résumé d'un ouvrage du sociologue Jacques Gaillard de l'Institut de Recherche pour le Developpement, que « la capacité de création scientifique peut aussi être une arme commerciale ».
Gaillard constate ailleurs qu'il y a inversion de la fuite des cerveaux scientifiques vers le Nord dans les pays où a lieu un déploiement de systèmes nationaux de recherche accompagné d'une croissance économique.
L'Inde, perçue comme un leader de la recherche scientifique parmi les pays en développement, possède la troisième plus importante communauté scientifique du monde en effectifs. Son budget annuel de recherche, financé à près de 90% par des fonds publics, est de 1,8 milliard USD, soit 1,2 EUR ou 2,7 CAD (source : Agence française de l'innovation - OSÉO Anvar).
Or à elle seule la NASA a un budget annuel d'environ 14 milliards USD (17 M CAD ou 11,3 M d'Euros) !
Nervos belli, pecuniam infinitam.




Au lieu d’être gaspillé pour générer des modèles climatiques sur ordinateur, l’argent de la recherche serait mieux utilisé pour développer des énergies nouvelles.
La recherche publique n'a pas d'obligation de résultat. Ainsi, il en coûte des millions d'euros à des quantités de bases, Artique, Antartique, etc, pour déterminer que la température a monté d'approximativement...0,1 degré ! En gonflant arbitrairement ce chiffre, on peut renforcer la culpabilité populaire et ainsi faire accepter le cortège de taxes nouvelles qui va s'abattre sur le con tribuable !
Pour ce prix, on pourrait inciter chacun à installer chez soi, du solaire voltaïque, assurant ainsi le pompage de l'eau et son réchauffement en caisson vitré. Mais, toucher à la recherche, revient à bousculer une fourmilière. Un exemple, la toxicogénétique, procédé qui permet à l'ordinateur, en trois jours, de déterminer l'influence des cent milles produits chimiques sur une cellule vivante. Et cela, sans recours à l'expérimentation animale, ( je n'ai pas dit extermination ! ) qui peut mettre dix ans de supplices pour le même résultat !
lisa sion | Le Jeudi 03/01/2008 à 11:14 |