Mortalité infantile : des progrès beaucoup trop lents
Dans son rapport annuel sur la situation des enfants dans le monde, l'UNICEF indique la marche à suivre pour réduire de moitié la mortalité infantile d'ici 2015 : éliminer la pauvreté et la faim, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH et le SIDA, le paludisme et d’autres maladies, améliorer les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement et rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables. Rien de moins.
Attendez, ce n'est pas tout. Pour pouvoir réduire davantage la mortalité des enfants dans le monde, il faudra aussi pouvoir atteindre les communautés qui sont les plus marginalisées et les plus démunies. Plus de 90% des 26 000 enfants qui meurent chaque jour dans le monde sont nés dans 60 pays, où la pauvreté est l'état normal de la vaste majorité des populations.
De quoi meurent tous ces enfants ? Pour plus de la moitié, leur décès est dû aux conséquences de la malnutrition. Beaucoup meurent de maladie infantiles pour lesquelles on ne meurt plus ailleurs dans le monde, par exemple de la rougeole alors qu'il suffirait de les vacciner pour éviter ces décès prématurés.
Les autres facteurs de mortlité sont tout aussi évitables : eau insalubre, assainissement insuffisant, installations sanitaires inadéquates.
Ce n'est pas seulement pour éviter la mort de tant d'enfants qui pourraient si facilement survivre qu'il faut intervenir sur tous ces facteurs. Tous les enfants, y compris ceux qui survivent, profiteraient d'une amélioration des conditions de vie :
lorsque les enfants sont bien nourris et soignés, et qu’ils bénéficient d’un environnement sûr et stimulant, ils ont plus de chances de survivre et d’échapper aux maladies, et d’avoir un développement optimal sur le plan de la réflexion, du langage, des émotions et de l’apprentissage social. Ils ont de meilleures chances de réussir à l’école et, plus tard, de devenir des membres créatifs et productifs de la société. (Rapport, page 3.)En parcourrant le rapport, on est surpris de constater à quel point des solutions à la fois simples et peu coûteuses - à fortes incidences précise l'UNICEF - permettraient de réduire le taux de mortalité élevé non seulement dans les pays de l'Afrique subsaharienne, mais aussi en Inde (le quart du total mondial), dans d'autres pays asiatiques et en Amérique du Sud.
Mais le diable, on le sait, est dans les détails.
Ce qui nous semble si simple dans les pays dit avancés est d'une grande complexité dans ces pays qui manquent cruellement d'organisation.
La toute première étape vers une nette amélioration des conditions socio-sanitaires est, pour les pays concernés, de mettre fin au chaos en se dotant d'une administration publique efficace.
Lorsque les pays exercent un contrôle et que le secteur public assume la direction des programmes, les chances que l’élargissement [des panoplies d'interventions] réussisse augmentent considérablement. (Rapport, page 87.)
Des sommes considérables ont été gaspillées faute d'avoir assurer ces assises gouvernementales solides sur lesquelles doivent reposer les interventions visant à améliorer l'état de santé non seulement des enfants, mais également des adultes.
Or, mettre sur pied des administrations publiques compétentes, en mesure de faire avancer leur pays respectif, cela passe par la scolarisation.
Un plus un, ça fait combien déjà ?
Unicef. La situation des enfants dans le monde 2008.
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Mots-clés : santé
, pays pauvres 



