Les pays riches ont trouvé une partie de la solution à leur pénurie de main d’oeuvre spécialisée en comblant leurs besoins avec des migrants. Les médecins Philippins l’ont compris et ils sont de plus en plus nombreux à faire un choix qui cause de sérieux maux de tête dans leur pays d’origine.
Les participants au Health In Foreign Policy Forum qui se tenait le 8 février dernier à Washington ont eu droit à une information inédite: de nombreux jeunes médecins Philippins délaissent la médecine pour le faire le bac en soins infirmiers. Ils ne sont pas les seuls dans le monde dit «en développement
» à faire ce choix.
Other nationalities, mostly from the developing countries, are following this lead, and there is a joke that we have among the Filipino nurses that the prerequisite for nursing is now medicine.Pourquoi ce choix en apparence irrationnel : pour augmenter leur chance de migrer aux États-Unis.
Ladan Manteghi. Developing Nations: Migration, Retention and the Return of Professionals. Extrait du transcript, page 34.
Avant la présentation de Manteghi, le ministre Zambien de la santé
était venu dire à quel point les pays riches
règlent les problèmes de leurs marchés du travail
au détriment des pays pauvres
:...migration happens to be highest cause of attrition for all health cutters in the country, (...) for the period between 2003 and 2004, our general nursing counsel processed about 1,022 applications. All of these went to the U.K. as compared to the graduates of 994. So you can imagine we got more people that went out than the graduates.Pouvons-nous imaginer, en effet.
Developing Nations..., page 11.
À une question de la salle, le ministre a déclaré que le cas de la Zambie est typique de ce qui se passe dans la plupart des pays africains.
Entendons-nous bien : il n'est pas question ici de blâmer ceux qui partent tenter leur chance ailleurs. Cela est un choix tout à fait légitime.
Du reste, la migration est un phénomène très complexe. Un récent séminaire transdisciplinaire de la Chaire de recherche du Canada en droit international des migrations (CDIM) - La complexe dynamique des migrations internationales - l'a éloquemment démontré (13 vidéos en ligne portant sur autant de facettes de ce phénomène).
Pourtant, il faudra bien trouver comment arrêter cette saignée de main d'oeuvre spécialisée dans les pays qui en souffrent. Le Forum a d'ailleurs exploré quelques pistes de solution. Avis aux intéressés.
Pour en revenir à la Zambie, les départs à l'étranger de ses médecins et infirmières sont d'autant plus dramatiques que ce pays connaissait déjà une pénurie de main d'oeuvre dans le secteur de la santé, consécutive aux restrictions budgétaires imposées par le Fonds monétaire international.
Ces migrations de main d'oeuvre spécialisée touchent plusieurs secteurs névralgiques.
Au moment où tous les yeux sont tournés vers Turin, il est d'ailleurs pour le moins ironique d'apprendre que les athlètes sont particulièrement convoités sur le marché mondial de la main d'oeuvre.
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En résumé, L'institution médicale occidentale cède sa place et son emploi à des étudiants et internes étrangers qui finalement renoncent à retourner exercer dans leurs pays d'origine.
Empreints d'un formidable courage humanitaire, nos médecins et infirmiers, en mal d'exotisme, s'expatrient vers les pays en déficit de personnel médical, ces pays d'où sont originaires le personnel étranger de nos hopitaux, et participent à constituer les couloirs humanitaires dans lesquels fuient les autochtones.
Mais, quand on sait qu'en plus, c'est la TIPP, que l'on finance à chacun de nos divers pleins, qui déstabilisent ces régions entières, et entraine les jeunes cerveaux locaux à se tourner vers la médecine, la plus belle vocation pour sauver des vies humaines.