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Les organisations humanitaires gèrent très mal leur sécurité

On savait à quel point il peut être risqué de faire de l'humanitaire dans certains pays. Il n'est donc pas étonnant que les organisations humanitaires fassent appel à des agences de sécurité. Ce qui en revanche est beaucoup plus inusité, c'est d'apprendre que les agences de sécurité locales auxquelles ces organisations font appel offrent de piètres conditions de travail.

Un think tank britannique, The Overseas Development Institute (ODI), a fait récemment une vaste enquête sur le sujet pour découvrir que, somme toute, les organisations humanitaires font très peu appel à des escortes armées provenant d'agences privées.

Il n'empêche que le cinquième des grandes organisations humanitaires ont déclaré avoir eu recours à des escortes armées au moins une fois dans la dernière année. Pour l'essentiel cependant, elles utilisent des gardes non armés, la vaste majorité de ceux-ci provenant d'agences de sécurité locales.

Or, c'est là où le bat blesse. L'ODI a recueilli de nombreux témoignages faisant état d'agents de sécurité de piètre qualité, mal payés et mal encadrés.

Un autre problème majeur rencontré au cours de l'enquête est le manque de préparation des agences de sécurité privées pour faire face au contexte particulier des opérations humanitaires.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que les organisations humanitaires n'ont pas non plus de règles précises que pourrait suivre le personnel sur le terrain.

Protocols or guidance on whether, when and how to contract and manage private security companies, as a special category of vendor requiring special criteria and oversight, are almost completely absent among humanitarian organisations.
En lisant à peine entre les lignes, ont comprend que cette absence de règles se fait cruellement sentir face à des agences privées plutôt agressives dans leur offre de services.

Autre fait troublant, l'enquête a aussi permis de découvrir que les organisations humanitaires n'ont pas un portrait exact de ce qui se passe sur le terrain. Quand on sait à quel point la situation peut être délicate dans certaines zones conflictuelles, ce manque de contrôle sur les décisions prises sur le terrain est tout simplement renversant.

Dans ce domaine hautement sensible, concluent les enquêteurs, les organisations humanitaires ont plutôt tendance à refuser d'aborder ouvertement la situation.

Voilà qui n'a rien pour nous rassurer.

Abby Stoddard, Adele Harmer and Victoria DiDomenico. The use of private security providers and services in humanitarian operations.

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