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Les femmes sauveront-elles le monde de la sécheresse?
La désertification touche déjà plus d'un milliard deux cents millions d'êtres humains. La situation est grave, mais il y a un peu d'espoir à l'horizon. Les femmes
ont un rôle clé à jouer dans ce qui s'avère un combat de l'homme contre lui-même.
L'ONU vient d'honorer deux initiatives qui démontrent qu'il est possible de renverser la progression des déserts. Le Prix Sasakawa du programme des Nations unies pour l'environnement récompense l'innovation et des initiatives communautaires hors du commun. En 2006, le thème était « désert et désertifications ».
Rodrigo Vivas Rosas (Colombie) et la Coopérative agricole et avicole de Tenadi (Mauritanie) l'ont remporté. Ils ont été choisis parmi cinq finalistes.
Cette récompense illustre un paradoxe de la désertification. Les gagnants oeuvrent dans des pays pauvres
qui la subissent sans en être les principaux responsables.
L'exemple de la coopérative agricole et avicole de Tenadi démontre bien à quel point la situation s'est dégradée. Cette initiative est née alors que plus de 90 % du bétail mauritanien avait été décimé.
Le réchauffement climatique est la grande cause de la désertification. De plus en plus de pays connaissent des périodes de sécheresse inhabituelles.
La situation exige des interventions globales. Mais les initiatives locales ne sont pas pour autant négligeables. Parmi les causes locales de la désertification, il y a le surpâturage, l'épuisement des sols par surexploitation, le déboisement, les mauvaises pratiques en matière d'irrigation.
Avec de petits gestes quotidiens, les femmes pourraient faire reculer les déserts. Ce message d'espoir a été entendu lors d'une récente table ronde de chercheurs, de décideurs politiques et d'experts des Nations unies.
Pourquoi les femmes ? Parce que les hommes sont ailleurs, partis travailler à l'étranger.
Même quand les hommes sont à la maison, les femmes sont des actrices majeures dans la production agricole et la gestion des ressources du ménage, notamment de l’eau et de l'énergie. Il faut pouvoir compter sur elle pour développer des modes durables d'exploitation du milieu.
Mais voilà que surgit un autre grand paradoxe de la désertification: celles qui sont le plus concernées (les femmes produisent entre 60 et 80% des denrées alimentaires dans les pays en voie de développement) sont exclues des projets visant à contrer les causes locales de la désertification et ainsi améliorer la situation.
Les hommes possèdent la terre et le cheptel. Ce sont eux qui prennent les décisions. C'est eux que l'on consulte.
Mais même si les hommes acceptent de partager leur pouvoir avec les femmes, la partie sera loin d'être gagnée.
Un exemple parmi d'autres : la communauté urbaine de Niamey, au Niger, tente en vain de protéger le périmètre de 2500 hectares reboisé autour de la ville. La population qui squatte cette ceinture verte coupe clandestinement les arbres pour construire ses habitations et pour se chauffer.
Les habitants de la "ceinture verte" refusent de partir? Que faire? Les expulser comme s'apprêtent à le faire les autorités municipales?
Il faudra beaucoup plus que de compter sur une vertu écologique magique que posséderaient les femmes pour venir à bout de ce véritable fléau qu'est la désertification.
Il faudra soutenir des milliers d'initiatives collectives qui, ensemble, pourront faire la différence.
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