Le travail, c'est bon pour l'alphabétisation
Le site de la Fondation pour l'alphabétisation est une mine de renseignements sur le phénomène de l'analphabétisation. Le plus troublant est d'y apprendre qu'année après année, il y a de moins en moins de personnes ayant besoin d'une formation de base en alphabétisation qui y recourrent.
D'abord les chiffres :
Selon les résultats de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation des adultes (EIAA), on compte environ 1 million de personnes, de 16 à 65 ans, faiblement alphabétisées au Québec, soit un adulte sur cinq (21,1 %). (...) Un peu plus de 2 % des personnes analphabètes entreprennent une démarche d'alphabétisation tandis que les 98 % restent dans l'obscurité…Le plus troublant est de découvrir la complexité du phénomène, complexité qui explique sans doute le peu d'adultes analphabètes qui font une démarche d'alphabétisation.
Après des études, on peut voir ses capacités se perdre, faute de pratique; on peut aussi les accroître en les mettant en pratique à la maison, au travailQu'est-ce qui fait qu'on peut perdre les capacités de lecture que l'on a acquises à l'école ?, à l'école de même que par de la formation, et ce, même si sa scolarité est peu élevée.
Le fait d'être au chômage est le principal facteur qui peut amener une régression de la capacité de lecture, révèle l'enquête de l'EIAA.
Pour la plupart des adultes, la lecture se fait surtout au travail.
Selon Statistique Canada, les Canadiens de 15 ans et plus consacrent en moyenne 7,8 heures par jour au travail, 2,2 heures à l'écoute de la télévision, et 0,4 heure à la lecture.
En clair, la moitié de la population lit moins de 20 minutes par jour en dehors du travail.
On serait porté à croire que la capacité de lire et écrire est comme la pratique de la bicyclette, qu'elle ne se perd pas. La réalité n'est pas tout à fait conforme à cette croyance.
Il ressort clairement que toute action préventive axée sur le maintien des capacités de lecture et d'écriture doit être destinée, en priorité, aux adultes peu scolarisés ou qui occupent un emploi condamné à disparaître, aux adultes sans emploi dont les revenus sont faibles ou qui reçoivent des prestations d'assurance-emploi ou de sécurité du revenu, aux immigrants peu scolarisés et aussi aux jeunes qui ont abandonné leurs études sans obtenir leur diplôme et qui sont sans travail depuis un certain temps.S'il est un truisme d'écrire que la scolarisation de la population est un puissant facteur d'alphabétisation, combien par contre savent que des conditions économiques défavorables peuvent amener un adulte scolarisé sur la pente de l'analphébétisme.
À lire aussi
- Changer le monde un achat à la fois - 19/05/08




