Archives par mois
- Mai 2009 : 1 article
- Avril 2009 : 2 articles
- Mars 2009 : 4 articles
- Février 2009 : 2 articles
- Janvier 2009 : 4 articles
- Décembre 2008 : 2 articles
- Novembre 2008 : 3 articles
- Octobre 2008 : 6 articles
- Septembre 2008 : 8 articles
- Août 2008 : 2 articles
- Juillet 2008 : 2 articles
- Juin 2008 : 4 articles
Le gaspillage et la faillite alimentaires sont bien entretenues
Il nous arrive tous de jeter, de temps à autre, des denrées alimentaires périmées. Ces petits gaspillages sont nos petites hontes du quotidien. Mais il y a aussi de grandes hontes. Au niveau mondial, environ le quart de la nourriture produite va à la poubelle. Pendant ce temps, nous continuons d'alimenter notre faillite alimentaire.
Interviewé à l'émission Matin Première de la RTBF (Invite Matin Premiere - 10/8/2006) Jean Delmelle, président de la Fédération européenne des banques alimentaires, a cité Mère Térésa qui a dit: «ce qui me scandalise, ce n'est pas qu'il y ait des riches et des pauvres, on ne peut pas y changer grand chose, mais c'est le fait qu'il y ait tout ce gaspillage et que les pauvres n'en profitent pas».
Delmelle a aussi révélé lors de cette même émission qu'en Belgique 38% de ce que recueillent les banques alimentaires viennent de l'industrie agro-alimentaire, 26% des surplus agricoles de l'Union alimentaire, 22% des grandes surfaces. Pour ce seul pays, c'est environ 9000 tonnes de nourriture qui sont recueillies annuellement par les banques alimentaires.
Les dix-sept fédérations nationales de l'Union européenne ont pour leur part collecté près de 220 000 tonnes en 2005, alors qu'elles en avaient reçu 146 000 tonnes en 2001. Environ 41% viennent des surplus de l'Union européenne, 25% de l'industrie agro-alimentaire et 15% de la distribution (Une solidarité active et responsable).
Année après année, la progression est constante.
À l'échelle mondiale, rien ne va plus
On connait la boutade: une vache européenne «gagne» plus d'euros chaque jour que 75% des Africains. Les subventions agricoles européenne et américaine créent d'importantes distorsions des marchés qui nuisent à la production agricole dans les pays moins développés.
Dans le cas des Américains s'ajoute un autre phénomène: la livraison d'une partie de leurs surplus agricoles sous forme d'aide alimentaire.
Le problème, comme le soulignait le contenu de ce message de Nayé A. Bathily-Sylla de la Banque mondiale, sur Lead-forum de l'organisation internationale enda, c'est que cette aide nuit à la souveraineté alimentaire en plus de ne pas correspondre aux besoins alimentaires d'urgence, mais plutôt aux besoins d'écoulement des stocks alimentaires en surplus.
Voilà qui complique un petit peu les choses, vous ne trouvez pas?
Reprenons depuis le début. Dans les pays riches
, des millions de personnes n'ont pas les moyens de manger à leur faim. Heureusement pour ces personnes, des banques alimentaires leur viennent en aide en puisant dans les surplus alimentaires. Les États ont vite appris à refiler leur responsabilité à la société civile, avec notre bonne complaisance cela va de soi.
Dans les autres pays, les «émergents», les «en voie de développement
», les «pays pauvres
très endettés» (PPTE), ils sont plusieurs centaines de millions à ne pas manger adéquatement. Même s'ils le voulaient, de nombreux États n'ont tout simplement pas les moyens d'intervenir. La société civile non plus. Alors nous leur refilons aussi nos surplus alimentaires.
Qui déjà parlait de l'efficacité du marché?
Programme de faillite alimentaire mondiale
Un des drames de la «généreuse» redistribution mondiale des surplus alimentaires, c'est qu'elle a engendré un monstre administratif qui vit de sa raison d'être: le Programme alimentaire mondial.
Un monstre qui a de quoi bouffer longtemps. Au total, comme le souligne l'Association canadienne des banques alimentaires, «sur les 840 millions de personnes sous-alimentées, environ 800 millions vivent dans les pays en développement.»
Petite parenthèse. Je vais vous jeter en bas de votre chaise et enlever un peu du tape-à-l'oeil que le Canada véhicule à traver le monde : 2,5 millions y font appel aux banques alimentaires. Je me suis mis un sac sur la tête avant d'écrire ce paragraphe. Je vis au Canada.
Nous prenons le problème par le mauvais bout. Au lieu de le confier à
l'ONU tout en continuant de laisser détruire les systèmes locaux de productions
agricoles, nous ferions bien mieux d'encourager
l'amélioration de la production et de la distribution adaptées à la
réalité locale.
Simple bon sens, mais qui passe d'abord par l'acceptation que le système d'aide internationale
tel qu'il est conçu est un échec.
La sous-alimentation des autres est très bien alimentée.
En complément : Observatoire Bruxellois de la consommation durable, Gaspillage, c'est quoi? Pourquoi?
À lire aussi
- Sortir l'Afrique des griffes des institutions financières internationales - 21/04/09
- Le FMI va-t-il changer? - 05/04/09
- Lier l'aide aux revenus - 09/09/08
- L'aide étrangère américaine, une priorité ou un obstacle? - 14/11/08
- Les uns perdent leurs maisons, les autres leurs terres, et des millions ont faim - 22/08/08
- Commenter -



