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La vieillesse prend un coup de jeune
Qu'est-ce qui vous vient en tête dès que vous entendez le mot vieillissement ? Que les vieux sont fragiles, improductifs; qu'ils occasionnent beaucoup plus de dépenses que de revenus ? Ajuster votre appareil. Oui le vieillissement aura un impact sur les finances publiques. Oui il faut trouver maintenant des solutions. Mais il est grand temps que l'image de la vieillesse prenne un coup de jeune.
Le scénario catastrophe doit être revu : pénurie de main d'oeuvre oblige, on ne pointe plus du doigt les personnes qui osent demeurer en poste après 65 ans. Les têtes grises ne sont pas que dans les centres d'achat. Et puis, même ceux qui cessent de travailler ne passent pas automatiquement dans la colonne des dépenses publiques. Plusieurs ont des revenus qui en font des consommateurs fort recherchés. Bref, vieillir ne rime pas avec s'appauvrir.
Pas toujours, hélas ! De trop nombreux ménages ne contribuent pas à une caisse de retraite privée. Les régimes publics ne suffisent pas à enrayer la pauvreté
au couchant de la vie.
Nous devons assurer un revenu décent à toute personne âgée. C'est une question de respect, mais aussi de gros bon sens : les gens qui s'alimentent bien demeurent en santé
plus longtemps. D'ailleurs, la pauvreté coûte cher en soins de santé.
Il y a une corrélation directe et bien documentée entre la pauvreté et la santé - ou plutôt la mauvaise santé, nous informe le Conseil national du bien-être social.
Un bon vin
Laissons un instant de côté l'approche comptable du vieillissement de la population et voyons plutôt le phénomène, à l'invitation du sociologue Jean Carette, comme un formidable enrichissement collectif.
Le vieillissement est un acquis extraordinaire de la société (...) J'ai 60 ans. Il y a 200 ans, je serais mort. Aujourd'hui, je continue à apporter des choses à la société, et pas uniquement économiquement. En avançant en âge, nous prenons une densité, comme un vin quand il est bon.
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