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La cible mondiale minimale doit être le travail décent pour tous
Chaque année deux rencontres se tiennent à peu près en même temps : le sommet de Davos et le Forum social mondial. L'une regroupe les décideurs économiques et politiques sur des questions concernant en bonne partie le fonctionnement du système économique mondial, l'autre est un exercice démocratique à l'échelle mondiale qui vise à proposer un nouveau système économique qui répondra aux besoins des centaines de millions de laisser pour compte de l'économie. Les premiers se demandent comment faire plus de profits, convaincus que c'est la meilleure façon d'améliorer le sort du monde. Les seconds, comment ajuster les finalités de l'économie pour qu'elle contribue à améliorer le sort du monde. Vous saisissez la nuance?
Pour des centaines de millions d'êtres humains, la nuance est dans le fait de trouver ou non un travail décent, c'est-à-dire un emploi qui respecte la Déclaration universelle des droits de l'homme:
À l'opposé de cette «rémunération équitable et satisfaisante», il y a la rémunération indécente. Obama a tout à fait raison de s'indigner des primes des banquiers de Wall Street accordées en pleine crise financière. D'ailleurs, il est très significatif que la nouvelle administration américaine ait décidé de bouder Davos.Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
Imaginez un instant combien de femmes, d'hommes et d'enfants le montant de ces primes, plus de 18,4 milliards de dollars, aurait fait vivre de façon tout à fait décente pendant un an. Vite calculé, cela équivaut à 18 millions de fois 1 000 $.
Certains diront que ce n'est pas beaucoup, mais pour ces 18 millions d'êtres humains ce serait déjà énorme comparé à ce qu'ils ont comme revenus.
Pendant que les 1.400 chefs des plus grandes entreprises mondiales et les 41 chefs d'État réunis à Davos ont choisi de réfléchir à l'après-crise, près de 10 000 personnes ont de leur côté assisté à une rencontre de haut niveau avec les présidents d’Amérique latine à Belém à l'occasion du Forum social mondial pour discuter d'une alternative au modèle de mondialisation jusqu'ici dominant.
Le leitmotiv de tous ceux qui prônent une libéralisation la plus large possible des échanges économiques mondiaux, c'est qu'il faut d'abord créer de la richesse pour pouvoir la partager.
Or, cette histoire de primes faramineuses octroyées en pleine crise financière illustre à merveille le maillon faible de leur argumentation: ce n'est pas parce que la richesse est créée qu'elle va automatiquement élever le niveau de vie de tous. Encore faut-il prévoir des mécanismes en ce sens plutôt que de laisser jouer les seules forces du marché.
Surtout quand le jeu s'appelle casinotalisme.
Tous les pays et les institutions financières mondiales doivent se donner un but commun et travailler d'arrache-pied en vue de l'atteindre: le travail décent pour tous.
De toute évidence, un nouveau consensus va remplacer le «consensus de Washington». Il ne s'agit pas de revenir au protectionnisme, mais plutôt de se doter de mécanismes qui vont assurer une beaucoup plus équitable répartition de la richesse.
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Mots-clés : travail
, Droits de l’homme
, Mondialisation 
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