La Chine et le maillon faible du commerce international

À quoi sert de produire plus et mieux quand on ne peut pas livrer la marchandise faute d'infrastructures de transports et de télécommunications. Nous avons tendance à oublier ce maillon faible dans l' Technorati. Il y toutefois un peu d'espoir à l'horizon.

Grande exportatrice de marchandises et importatrice de matières premières, la Chine annonce qu'elle va modifier sa façon d'aider les pays pauvres. Les prêts chinois à taux préférentiel serviront désormais «à la construction d'infrastructures nécessaires aux populations.» (Radio Chine Internationale, 21 septembre 2006)

Outre l'éducation et la santé, la Chine pourrait aussi jouer un rôle clé dans le financement des voies ferrées, routes, installations portuaires et aéroportuaires, télécommunications, qui manquent cruellement dans les Technorati.

Il ne faut pas trop compter sur les initiatives d'allégement de leur dette. Malgré l'effacement annoncé de plus de 50 milliards de dollars de dette d’une quarantaine de pays pauvres très endettés, ceux-ci sont loin d'être sortis du cycle de l'endettement.

Ils sont venus le dire en marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Singapour.

Le ministre des Finances du Ghana, Kwadwo Baah Wirendu, a rappelé une vérité toute simple: «si vous voulez vraiment réduire le cycle de pauvreté il faut trouver de l’argent pour l’électricité, les infrastructures, les écoles et donc vous devez à nouveau emprunter» (Les pays pauvres dénoncent les lacunes de l’allégement de leur dette)

Pour le Ghana, l'allégement se fera sur 40 ans. L'initiative des pays prêteurs représente une fabuleuse économie de... 28 millions de dollar par année. Pendant ce temps, l'argent promis pour le Technorati n'arrive toujours pas.

D'où l'intérêt du jeu de chassé-croisé entre les pays africains et la Chine.

Malgré son formidable essor économique, la Chine ne financera pas le développement à elle seule. Sa demande insatiable en matières premières peut toutefois générer des opportunités d'investissements loin d'être négligeables.

La concurrence accrue fera grimper les prix au profit des pays bien pourvus en matières premières. Les prix des produits agricoles devraient aussi être à la hausse dans un avenir prévisible. Souhaitons que les pays avantagés par la conjoncture seront fourmis plutôt que cigales.

Il y a un envers de la médaille chinoise : alors que les pays de l'OCDE, traditionnels prêteurs des pays en voie de développement, insistent sur le respect des droits humains, la Chine n'a pas autant de scrupules.

Appelé à commenter le récent coup militaire en Thaïlande, le porte-parole Chinois a déclaré que son pays demeure attaché «au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui» (Ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine. Conférence de presse du 21 septembre 2006.)

Les potentats de ce monde ont dû en prendre bonne note.

MISE À JOUR, 25 septembre 2006 :

Passport, le blogue de Foreign Policy, rapporte le 21 septembre (China's reach) qu'une offensive de charme chinoise se déroule en Birmanie, au Cambodge et au Vietnam à coup de financements de grands projets d'infrastructures. Le même blogue raconte aussi le 6 septembre (China decides election in Zambia) que Beijing menace de couper les liens diplomatiques avec la Zambie, où elle a investi des centaines de millions de dollars ces dernières années, si celle-ci a le malheur de voter pour le mauvais candidat lors des élections présidentielles du 28 septembre. Le chaud et le froid, en somme.



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