L'après Bali : à quand un développement écocompatible ?
Les négociations qui viennent de prendre fin à Bali ont démontré à quel point la question du réchauffement climatique est intimement liée à celle du développement
.
Les pays du Sud
ont marqué un point en mettant à l'agenda l'impact des émissions de gaz à effet de serre provenant du Nord sur leur propre environnement. Il faut maintenant aller plus loin et répondre à la question fondamentale que tout le monde semble vouloir éviter : le développement économique du Nord comme du Sud est-il «écocompatible» ?
De plus en plus, on réalise que le PIB est un attrape-nigaud quand il est question de progrès. Toute activité ayant un effet économique, positif comme négatif, est mesurée. Prenons l'exemple de la production de viande. Grosso modo, il faut cinq fois plus de céréales pour nourrir le bétail qui servira à alimenter une personne qui mange de la viande que pour nourrir une personne végétarienne, sans compter tous les effets négatifs de la production animale sur l'environnement. Pourtant, produire de la viande est meilleur pour le PIB que de produire des céréales.
Le PIB est tel l'aveugle qui avance vers le précipice.
Au-delà du PIB, un autre problème majeur est que les statistiques de nombreux pays ne sont pas fiables. Dans le domaine de l'exploitation forestière, par exemple, il y a d'importants décalages entre les statistiques de l'import et celles de l'export (Bulletin des négociations de la Terre). Ce décalage n'est pas seulement dû au commerce illégal ; «des divergences apparaissent même dans le cas de courants commerciaux avérés légitimes et légaux.» (Alberto Goetzl, Incohérences des statistiques sur le commerce. OIBT Actualités des Forêts Tropicales. 13/1, 2005. Page 9)
De fait, globalement, il y a un véritable trou noir statistique qui nous empêche d'apprécier les efforts réels consentis de part et d'autre (du Nord comme du Sud) pour diminuer le prélèvement des ressources renouvelables.
Chiffrer les émissions de gaz à effet de serre c'est bien, mais - outre le problème de la cueillette de données fiables qui existe aussi pour cette tâche - cela ne résoudra pas le véritable problème que pose le développement économique dans sa forme actuelle.
Heureusement, il y a de l'espoir. Récemment, un article d'Info Chimie Magazine nous apprenait que le Centre national de la recherche scientifique s'implique depuis un an dans un programme interdisciplinaire répondant à la chimie écocompatible.
Combien de programmes de recherche et d'initiatives débouchant sur des activités humaines écocompatibles y-a-t-il dans le monde ?
L'enrichissement et l'appauvrissement ne sont présentement ni l'un, ni l'autre, compatible avec l'environnement. Dans le cas de l'enrichissement, c'est désolant parce que ceux qui s'enrichissent auraient les moyens de renverser la vapeur. Dans le cas de l'appauvrissement, c'est désastreux parce que les pauvres sont sans moyens.
Saviez-vous que de 3 à 4 milliards de mètres cubes de forêt sont exploités annuellement sur la planète, dont plus de la moitié l'est sous forme de bois de feu (Préserver les ressources renouvelables). Croyez-vous que ceux qui utilisent le bois de feu pour faire cuire leurs aliments ou se réchauffer ont les moyens de cesser de le faire ? Croyez-vous que ceux qui l'exploite pour s'enrichir font tous les efforts nécessaires pour respecter les exigences de l'écocompatibilité ?
Il est beaucoup plus facile pour les gouvernements de mettre l'accent sur la réduction de l'émission des gaz à effet de serre que de remettre en question toute forme de développement qui n'est pas écocompatible.
Il leur faudrait alors mettre de l'avant des politiques plus favorables tant à la nature qu'aux humains.
Le vrai progrès quoi !
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Mots-clés : durable





Très bon billet Monsieur, vous avez fait une très bonne pointe que la PIB peut pas mesurer vraiment l'enrichissement d'un pays dans le contexte de développement social ni écologique.
Abdul-Rahim | Le Lundi 17/12/2007 à 21:18 |