L'aide au développement piétine
Depuis quelques années les pays riches
s'engagent les uns derrière les autres à augmenter l'aide
publique accordée aux pays en développement. Or, on apprend que le montant fourni par les membres du Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a diminué en termes réels en 2006 (Données finales sur les apports d'APD en 2006).
Le recul a été de 4.5%, avec une aide globale de 104.4 milliards USD ou 0.31% du revenu national brut (RNB) cumulé des membres du CAD. C'était la première fois que l'aide diminuait depuis 1997. Même en faisant abstraction d'un allégement de la dette moindre en 2006, l'APD a tout de même même fléchi de 0.8%.
Les hauts fonctionnaires de l'OCDE trouvent la situation préoccupante. L'aide avait certes augmenté dans les années précédentes, mais la hausse était due essentiellement aux opérations d'allégement de la dette conclues dans le cadre du Club de Paris (en faveur de l'Irak et du Nigeria, en particulier). Ces allégements avaient porté artificiellement le volume d'aide au chiffre sans précédent de 107.1 milliards USD.
L'APD nette pour des projets et programmes de développement était pour sa part en recul pour une quatrième année de suite. Les remboursements de prêt ont excédé les nouveaux versements (de 1.2 milliard USD), toujours en 2006.
Seuls le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède ont atteint ou dépassé l'objectif de 0.7% du revenu national brut (RNB) consacré à l'APD. En revanche, l'APD nette des États-Unis était en recul de 18.2% en termes réels.
L'Afrique subsaharienne a vu l'aide progressé de 13%, montant toutefois nettement insuffisant pour que les pays donateurs respectent leur engagement, pris en 2005, de doubler leur aide sur quatre ans.
Déjà en 2002, lors de la Conférence de Monterrey sur le financement du développement, les donneurs s'étaient engagés à augmenter sensiblement leur aide d'ici 2010, année fixée par l'ONU pour l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. Pour que leur promesse d'alors tienne, il faudrait que le taux d'accroissement des crédits affectés aux programmes axés sur le développement double au cours des quatre prochaines prochaines années.
Il est vrai que les dirigeants des économies les plus riches du monde avaient promis de récompenser les pays qui suivent de bonnes politiques en leur apportant une aide accrue dans les années à venir.
Il est vrai aussi que ces mêmes dirigeants s'étaient engagés à ouvrir davantage leurs marchés aux produits en provenance des pays en développement, notamment les produits agricoles.
La reprise des négociations concernant l'accès aux marchés au sein de l'Organisation mondiale du commerce, dans le cadre du Programme de Doha pour le développement, pourrait avoir davantage d'impact sur la vie des plus pauvres que l'aide publique au développement.
Encore faudrait-il que les pays riches, en particulier les États-Unis, acceptent de nouvelles règles pour un monde nouveau.
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Mots-clés : Sud
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