Emploi mondial : les services dépassent l'agriculture alors que la situation se détériore

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un plus grand nombre d'êtres humains travaillent dans les services que dans l'agriculture. Cette donnée provient du Rapport sur la situation sociale dans le monde en 2007 publié par le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

Les transformations profondes de l'emploi à l'échelle mondiale que reflète la donnée ne vont pas dans le sens d'une amélioration des conditions de  Technorati, bien au contraire, nous apprend le rapport.

En réponse à une question d'une journaliste - à la toute fin de la conférence de presse - demandant quelles étaient les trois principales tendances qui se dégagaient de ce rapport, Johan Schölvinck, directeur de la Division des politiques sociales et du développement a répondu : la précarisation et la montée du secteur informel de l'emploi, l'insécurité accrue des salariés et enfin le vieillissement de la population qui amener à revoir tant les régimes de pension que toute la question de la sécurité du revenu à la vieillesse. 

Pour la vaste majorité de la population mondiale, la croissance économique ne s'accompagne pas d'une augmentation du nombre d'emplois. Bien qu'il faille prendre les chiffres du chômage avec beaucoup de circonspection parce qu'ils ne sont pas forcément fiables partout dans le monde, ceux-ci indiquent tout de même des écarts significatifs selon les régions. 

Ainsi, nous apprend le rapport, le taux de chômage mondial est passé de 6% à 6,3% entre 1996 et 2006. Les chiffres globaux cachent toutefois d'importantes disparités régionales. Dans les pays développés, le chômage a diminué de 7,8% en 1996 à 6,2% en 2006. En Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, il est passé de 3,7% à 6,6% ; en Asie du Sud de 4,4% à 5,2% ; en Amérique latine il est demeuré stable autour de 8% tandis qu'en Afrique il a augmenté de 9,2% à 9,8%.

Dans le cas de l' Technorati, ce sont les petits producteurs qui font les frais de la commercialisation accrue des productions. Les gros agriculteurs et les entreprises agro-industrielles dans les pays en  Technorati ont profité de cette commercialisation tandis que les petits agriculteurs ont vu leurs moyens d’existence gravement affectés par les subventions agricoles et les tarifs douaniers imposés par les pays développés.

De plus en plus de ruraux vont s'installer dans les villes où ils trouvent des emplois mal payés et précaires, principalement dans les services. Le rapport nous apprend que la désindustrialisation touche en effet non seulement les  Technorati, mais aussi de nombreux pays en développement. Ce sont principalement les  Technorati qui subissent les contrecoups de cette transformation du marché de l'emploi.

Le taux de chômage demeurant élevé cache un autre phénomène : l’utilisation accrue d’une main-d’oeuvre employée en sous-traitance, de façon indirecte, précaire, flexible, qui n’apparaît pas dans les statistiques de l’emploi. Avec l'absence de prestations d'assurance chômage, les travailleurs des pays en voie de développement n'ont en effet d'autre choix que d'accepter des emplois dans le secteur informel ou de se résigner à être sous-payés dans le secteur formel de l'économie. 

À cette montée du secteur informel dans les pays en développement s'ajoute, dans le cas des pays développés, la tendance à la baisse des conditions de travail due à la menace de délocalisation des emplois. 

Une autre tendance majeure du marché de l'emploi est l'essor du travail à temps partiel. Les femmes et les jeunes sont particulièrement touchés par ce phénomène. 

Or, au moment où les emplois sont de moins en moins sécuritaires, les gouvernements font de leur côté des coupes dans les dépenses sociales à la suite de réductions d’impôt censées être incitatives à la création d'emplois. Selon le rapport, les dépenses publiques consacrées à la santé publique ont été particulièrement touchées. La diminution des revenus des États ne touchent toutefois pas également : le capital est de moins en moins imposé tandis que les revenus du travail le sont de plus en plus. De même, les subventions  budgétaires au capital sont à la hausse et celles au travail sont à la baisse.

Plus flexibles, les travailleurs sont aussi de plus en plus présents sur le marché mondial du travail en pleine émergence. La mobilité internationale de la main d'oeuvre se produit lentement mais sûrement : alors que les migrants formaient environ 3 % de la main-d'oeuvre à l'échelle mondiale en 2000, ils sont désormais plus de 10 % de la main d'oeuvre dans 70 pays.

Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies fait un constat plutôt négatif des effets sur les travailleurs de la libéralisation économique et de la mondialisation. Toutefois, il accompagne ce constat d'une litanie de voeux pieux qui témoigne bien de l'incapacité d'agir de l'ONU. Toutes les chartes et les normes pourtant votées et signées par de nombreux pays ne peuvent rien contre un capitalisme sauvage qui ne prend même plus la peine de se donner des airs de respectabilité.

Pourquoi le ferait-il d'ailleurs ? Après tout, l'ONU ne couche-t-elle pas avec les transnationales.

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