Du tourisme propauvres, est-ce possible ?
Si vous vivez dans l'hémisphère nord et que vous en avez les moyens, il y a de bonnes chances que vous ayez pris vos vacances durant l'été qui achève. Peut-être même avez-vous fait un séjour à l'étranger, dans un pays où les pauvres sont si nombreux que vous ne pouvez pas les éviter. Saviez-vous qu'il est possible de faire du tourisme propauvres ? Vous devrez cependant chercher votre destination, l'offre touristique soucieuse de profiter autant aux populations locales qu'aux grandes entreprises touristiques étant plutôt l'exception.
Le tourisme propauvres est l'une des nouvelles formes alternatives de tourisme apparues depuis quelques années : tourisme solidaire, alternatif, éthique, durable, communautaire, équitable, écotourisme, etc. ; toutes ces formes ont en commun de faire appel au sens des responsabilités du touriste.
La cause du tourisme propauvres est noble. Plusieurs gouvernements et organisations s'y sont associés. Mais dans les faits, les initiatives demeurent marginales, nous dit le Overseas Development Institute (ODI) dans une étude récente (How do we mainstream pro-poor tourism?).
L'industrie du tourisme de masse (mainstream tourism) tarde à emboîter le pas et seules quelques niches très spécialisées sont concernées : l'écotourisme ou le tourisme communautaire, par exemple.
Un des problèmes du tourisme propauvres est la faiblesse des liens entre les projets et le marché touristiques. On construit des infrastructures, on entraîne une main d'oeuvre locale, mais au bout du compte, on semble oublier qu'à l'offre doit correspondre une demande.
Dans certains cas, des communautés sont incitées à investir en main-d'oeuvre et en terrain, et à s'endetter, dans des projets voués à l'échec. Ceux qui les avaient conseillés ne possèdent tout simplement pas l'expertise dans la commercialisation du tourisme, ou même dans la gestion de ce type de projets.
Quant aux entreprises touristiques, leur implication se limite à des dons faits au nom de leur responsabilité sociale, mais rares sont celles voulant faire les choses différemment, pour améliorer la vie des populations là où elles opèrent.
Ajoutons que les gouvernements des pays concernés n'ont ni les moyens, ni l'expertise publique nécessaire pour appuyer de politiques efficaces des initiatives intégrant les divers secteurs économiques et sociaux autour de projets touristiques propauvres.
Pour couronner le tout, les études sérieuses de l'impact du développement touristique sur la pauvreté font cruellement défaut.
Mais il y a de l'espoir, nous disent Caroline Ashley et Harold Goodwin du Overseas Development Institute (ODI). Il semble que l'on sache de plus en plus quels sont les bons ingrédients pour mettre sur la carte un nouvel emplacement touristique dans une région pauvre.
D'abord, ça prend une forme de tourisme pouvant attirer des clients qui ont de l'argent à dépenser dans l'économie locale. Ensuite, il faut que les micro et petites entreprises locales aient accès à du capital et à du soutien qui leur permettent de se développer. Il faut aussi que la main-d'oeuvre peu qualifiée ait de son côté accès à de la formation. Les infrastructures locales (ex. : routes, transport de l'électricité, etc.) doivent être adéquates. Enfin, la demande de produits locaux doit rencontrer une offre à même de la combler. (Caroline Ashley and Harold Goodwin, Pro poor tourism’ – what’s gone right and what’s gone wrong?.)
Au-delà de ces éléments essentiels, il faut d'abord et avant tout qu'une grande partie des 700 millions de touristes actuels (1,6 milliard en 2020 selon l’Organisation mondiale du tourisme) soient sensibilisés à la nécessité de pratiquer un tourisme solidaire et responsable.
Mais ça, ce n'est vraiment pas gagné.
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Mots-clés : développement
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C'est vrai...
... La première des choses est de sensibiliser et informer d'une part, les voyageurs et autres touristes, qui iront donc rechercher ou demander des circuits, des destinations, des offres plus responsable... et d'autre part les opérateurs qui vont s'adapter au marché d'un tourisme plus responsable (pour s'aligner sur la demande des clients) et qui doivent être sensibiliser dans leurs impacts sociaux, économiques et environnementaux dans les pays d'accueil!
Le tourisme pro pauvre est un concept intéressant dans les mots... mais il a souvent été mis en place par des ONG locales ou internationales qui n'avaient qu'une vision très légère du marché du tourisme à l'international. C'est donc pourquoi il y a beaucoup d'exemples de tourisme pro pauvre mais très peu sont connus et reconnus par faute de moyens marketing, financiers et promotionnels. Ainsi, le tourisme communautaire est un bon exemple de projets aboutis dans certains pays qui ont réussi à attirer une clientèle (programme CBT de certains pays par exemple ou encore programme STEP de l'OMT).
Aujourd'hui, le tourisme responsable représente à peu près 1% des voyages vendus en France... Mais en constante augmentation... Il faut continuer à sensibiliser et à informer pour avoir une industrie plus responsable à tous les niveaux... et plus d'émotions au cours des voyages pour les touristes...
Guillaume Cromer, président de Sentiers Pour l'Enfance
Guillaume Cromer | Le Dimanche 02/09/2007 à 04:11 |