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Ce qu’on appelle en Technorati publique les déterminants sociaux de la santé. Isolement social, détresse psychologique, pauvreté, écarts socio-économiques croissants, crise du logement, insécurité alimentaire, etc., voilà autant de facteurs qui contribuent à la marginalisation et, peu à peu, à l’exclusion sociale de nombreux citoyens. Comprendre avant de préjuger On ne voit que ce que l'on veut bien voir. La preuve : les préjugés tenaces sur l'itinérance. Les sans-abri seraient les seuls responsables de leur sort.

Quelle est première image qui vous vient en tête lorsque vous apercevez un itinérant ? Si c'est celle d'un être atteint d'une maladie mentale grave, tels la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression, vous avez vu juste.

On l'oublie malheureusement trop souvent ; les trois-quart des itinérants souffriraient de toxicomanie ou de maladie mentale, souvent des deux.

En quarante ans, près de 17 000 lits ont été fermés en soins psychiatriques au Québec. (...) À l'hôpital Louis-Hypolyte-Lafontaine, le nombre de personnes hospitalisées, qui était de 6000 en 1960, est passé à 645. La désinstitutionnalisation, mouvement amorcé il y a plus de quarante ans avec la bénédiction de l'Organisation mondiale de la santé, aura-t-elle fait plus de mal que de bien ?

Né d'une volonté d'ouverture et de tolérance, ce retour des malades mentaux dans les collectivités place plusieurs familles devant une charge trop lourde à porter.

Résultat : le malade se retrouve hors l'hôpital, hors le cadre familial, bientôt hors les murs, contraints à la pauvreté et à la misère humaine.

Pas étonnant dans une société ou le crédo de l'autonomie condamne à l'exclusion tout être qui a le malheur de ne pas pouvoir se prendre en charge.

Peut-être aussi y-a-t-il une certaine fureur de soigner, de rétablir, malgré le malade lui-même, de réinsérer, malgré des proches trop souvent démunis, puis de passer aux dossiers suivants.

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