Combler l'abîme du savoir
Le retard scientifique et technologique est un boulet au pied d'une grande majorité de pays
La recherche technologique, l'innovation technologique et l'exploitation commerciale des résultats de la recherche sont le talon d'Achille des pays en développement. C'est Francisco R. Sagasti qui le disait déjà au milieu des années 1990.
Il est vrai qu'après l'indépendance politique des anciennes colonies des espoirs d'avancée scientifique et technique avaient été soulevés. C'est plutôt un abîme qui s'est creusé entre les pays riches
et de trop nombreux pays dans le reste du monde. Un renversement de tendance n'est cependant pas impossible avec un effort mondial en faveur du partage du savoir.
C'est bien connu, la science et la technologie ont un impact majeur sur le développement
économique et social. Or dans la grande course mondiale au progrès scientifique et technologique, plusieurs pays sont pour leur plus grand malheur des cul-de-jatte perdus dans un détour de l'histoire.
Dans son Index of Science and Technology Capacity paru en 2003, la Rand Corporation identifie 80 pays scientifiquement en retard (Scientifically lagging nations).
En fait nous apprend l'Index, il y a les États-Unis (173 000 articles scientifiques publiés et 315 000 brevets), les autres très en avance (21 pays), les autres qui avancent (48 pays), et les non autres (80 pays).
Tiens, un petit futé qui sait qu'il y a 192 pays dans le monde. Où sont les 42 autres ? Devinez.
Les racines du retard scientifique
La marginalisation scientifique des pays qui ont pris un sérieux retard est le produit de siècles de colonisation.
Le savoir et les intérêts locaux sont condamnés à la marginalité quand ces institutions sont contrôlées par une puissance située à l'extérieur des frontières nationales.J'avoue que la numérisation du texte de Vessuri n'est pas fameuse et qu'il vaut sans doute mieux lire la version anglaise (c'est ici si les liens PDF ne fonctionnent pas).
Vessuri, H. L'institutionnalisation de la Science.
Je vous recommande, en particulier, The saga of African Universities (vous devrez peut-être chercher dans le document, la pagination y semblant absente ; à moins que cela ne soit dû au fait que j'ai fait subir une cure de maigrissement à Acrobat Reader).
Je vous résume tiens, comme cela vous ne m'accuserez pas de vous obliger à vous taper toute cette lecture, déjà que ce billet est plutôt long : sous-financement chronique de l'éducation
, absence de R&D faute de laboratoires équipés avec les instruments de recherche les plus actuels, fuite des cerveaux et tutti quanti. La recherche scientifique de moins en moins accessible
Sagasti écrivait aussi dans Échec à la pauvreté. Les besoins humains, la science et la technologie que les instruments perfectionnés nécessaires à la recherche scientifique de certains domaines scientifiques sont hors de portée des scientifiques des pays occidentaux.
Aussi bien dire qu'ils sont à des kilomètres de l'infini en ce qui concerne les scientifiques des pays les plus pauvres
.Dans plusieurs pays en développement, la science joue un rôle marginal et très limité faute de financement public.
Bel effort, celui que je viens d'entendre murmurer que le privé doit prendre le relais. Demander au privé d'investir là où il n'y a pas de retour sur l'investissement ! Non mais, qui vous a enseigné l'économie ?? Et puis, vous savez ce qu'il en fait de la science, le privé !
Il y a tout de même une lueur d'espoir
Lors du World Science Forum 2003 (archives vidéos), après un portrait plutôt décourageant de l'écart économique, social et scientifique entre le monde riche et le reste du monde, Goverdhan Mehta, directeur de l'Indian Institute of Science, enchaînait
... and there is great potential of rich human capital in the south.Cette vérité venant d'un scientifique du Sud
Science and Technology Capacity and the Knowledge Society (Présentation Power Point)
est si simple qu'elle vaut la peine d'être relue très lentement : ... and there is great potential of rich human capital in the south. Mehta plaida pour une vue holistique plutôt que fragmentaire. « Lets all Knoledge come from all side », s'écria-t-il.
C'était un appel sans équivoque à un effort mondial en faveur du partage du savoir scientifique et technologique à l'échelle planétaire ainsi que d'un soutien à ce qui est le fondement sur lequel repose désormais l'enrichissement économique et social : l'éducation.
Inaccessible la science et la technologie ?
Inventing a Better Future. A Strategy for Building Worldwide Capacities in Science and Technology.






merci
Anonyme | Le Vendredi 01/06/2007 à 13:24 |