Bonne nouvelle: l'eau douce ne manque pas
Mais ne nous réjouissons pas trop vite
Il y a suffisamment d'eau douce pour combler tous les besoins de l'humanité. C'est ce que confirme le rapport sur l'eau que vient de rendre public le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Un être humain sur six qui souffrent de manque d'eau seront-ils ravis d'apprendre que le PNUD a trouvé une solution payante pour règler leurs problèmes?
S'il y a pénurie, ce n'est pas d'eau mais de responsabilité envers cette ressource essentielle à la vie humaine.
du fait de la mauvaise gestion, de moyens limités et des changements environnementaux, quasiment un habitant de la planète sur cinq n’a toujours pas accès à l’eau potable et 40% de la population mondiale ne disposent pas d’un service d’assainissement de base...C'est un truisme de dire que l'eau est essentielle au développement
PNUD. L'eau, une responsabilité partagée. (Résumé)
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. Que ce soit la santé des populations, à un bout du spectre de cette évidence, ou les activités industrielles à l'autre, on peut difficilement imaginer qu'un pays puisse améliorer le sort de sa population si l'eau n'est pas au rendez-vous.Or pour être au rendez-vous, l'eau a besoin de deux conditions : une bonne infrastructure pour la pomper et la transporter; un équipement adéquat pour la traiter. Ces conditions font cruellement défaut dans plusieurs pays pauvres
.Les pays riches
tardent à se mouiller, alors que les besoins sont pourtant criants. L'argent et l'expertise ne sont pas au rendez-vous.Pas plus d'ailleurs que la limpidité des canaux internationaux par où passe l'aide.
Le jargon du PNUD est décourageant. Par exemple, là où il faudrait lire «démocratie», on retrouve plutôt l'horrible mot «gouvernance». Jugez par vous-mêmes de la limpidité du rapport :
Une attention accrue doit être accordée aux institutions et aux approches existantes susceptibles de pouvoir diriger ou guider le processus complexe et imprévisible de la gouvernance de l'eau, essentiel à la gestion à long terme des ressources en eau, sur les plans régional et local ainsi qu'aux niveaux des bassins et des aquifères.Vous suivez toujours?
PNUD. Idem. (Résumé) Page 9.
Certes, les problèmes sont réels : corruption, faiblesse des fonctions publiques, incapacité de faire des choix politiques et de les mettre en oeuvre, complexité d'un système d'aide internationale qui s'auto-nourrit tout en infantilisant ceux qui reçoivent l'aide, bref les ingrédiants d'un échec sont au rendez-vous.
Les solutions, peu importe ce qu'elles seront, doivent venir les pays mêmes qui vivent les problèmes, sans la contrainte d'une aide dirigée de l'extérieure, habillée de FRPC, PCE, DSRP, IADM, PPTE et autres camisoles de force étouffant les initiatives de ces pays.
Pas moins de 23 agences et programmes des Nations Unies pataugent dans la piscine onusienne, tout cela alors qu'il n'y a toujours pas de règles mondiales sur l'eau.
Rappelons-le : un milliard d'êtres humains en souffrent. Que propose le PNUD pour améliorer leur sort? Une «mise à jour des structures tarifaires (...) afin d'améliorer la récupération des coûts» (Rapport, page 36).
Transformer définitivement l'eau en marchandise ! On voit de quel côté de la mondialisation
penchent l'ONU et ses agences. Dans un Un monde sans gouvernail, il n'est pas étonnant que l'eau devienne de plus en plus un bien privé.



