La part fantôme du PIB

Les accidents de la route contribuent à la croissance du PIB alors que les activités bénévoles le font baisser. C'est l'amer constat que faisait, en 2002, Patrick Viveret dans son rapport Reconsidérer la richesse.

Notre représentation actuelle de la richesse aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au coeur des débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à l'Erika, de l'amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants de l'automne 2000, il y a toujours un élément commun : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut.
Quelques mois auparavent, Viveret avouait qu'on lui avait confié une mission impossible, celle de proposer un système cohérent susceptible de transformer en profondeur la comptabilité nationale (de la France) et de modifier, à travers la monnaie et la pluralité d'autres systèmes d'échange, la circulation et la distribution de la richesse. Rien de moins ! Un des autres systèmes d'échange dont la valeur est sous-estimée dans la comptabilité des États, est tout le Technorati non rénuméré dans les secteurs domestique, agricole et informel, majoritairement le fait de femmes.
En 1992, Statistique Canada estime que la valeur annuelle du travail non rémunéré :
  • représente entre 34,0% et 54,2% du Produit intérieur brut (PIB), soit entre 235 et 374 milliards $ (incluant le bénévolat);
  • se situe pour une femme au foyer, à temps plein avec des enfants, entre 24 351$ et 30 025$ pour 1992 et entre 28 315$ et 34 913$ pour 2001 (valeur indexée en dollars 2001).
Depuis 2001, l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFEAS) a fait du premier mardi d'avril la journée du travail invisible.
Après plus de 30 années de travail pour la reconnaissance du travail des femmes au sein de la société, l’Afeas veut, grâce à cette journée, montrer que derrière des dossiers ou grands thèmes tels que « conciliation famille – travail », «congés parentaux ou familiaux », « aidantes et aidants », se cache le travail invisible des Canadiennes et des Canadiens auprès des enfants, des proches en perte d’autonomie et de la communauté.
Le travail invisible, ça compte !
Mots-clés : Technorati